Crise du sucre : le ministre cherche une voie de sortie

Publié le par Eric LE BRUSTIEC

sucre_383513921On a gardé les tristes souvenirs qu'après deux semaines du mois de ramadan, les prix des denrées de premières nécessités, en l'occurrence du sucre, avaient continué de flamber. Au cours de cette dure période, le secrétaire administratif de l'Untm, Mamadou Famakan Coulibaly, nous avait fait savoir que le ministre, Ahmadou Abdoulaye Diallo, avait promis de fixer le prix du sucre à 400 Fcfa, un mois avant le ramadan, pendant et un mois après le ramadan.

 

 

 

Pour la centrale syndicale,  cet engagement n'avait pas été respecté. L'Untm avait même claqué la porte du Conseil national des prix. D'autant plus que le ministre de l'Industrie, des investissements et du commerce avait, aussi, annoncé à la presse que le prix du sucre à la consommation serait fixé à 450 Fcfa. Le prix du sucre et ceux des denrées de première nécessité n'ayant pu suivre la courbe descendante, les autorités ont été contraintes, comme d'habitude, de prendre la décision de permettre aux opérateurs économiques d'importer, en leur accordant des exonérations. Hier, dans la salle Modibo Kéita de l'Assemblée nationale, les députés ont donc tenté de voler au secours du ministre de l'Industrie, des investissements et du commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo. Ils ont voté, à l'unanimité, le projet de loi autorisant la participation de l'Etat au capital du nouveau complexe sucrier du kala Supérieur. Ce projet de loi a été adopté par le conseil des ministres, en sa séance du 9 septembre 2009. Dans le rapport de la commission des Finances, de l'économie, du plan et de la promotion du secteur privé, on lit : ‘'le projet de loi a pour objet la participation de l'Etat au capital social de N-Sukala-Sa, le niveau de cette participation est arrêté à 40% du capital, soit 8,8 milliards de Fcfa, se décomposant comme suit : 1,5 milliards de Fcfa représentant la valeur de cession de parcelles de 857 hectares devant servir de site à l'usine ; 2,038 milliards de Fcfa pour le bail emphytéotique pour les 19.143 hectares destinés à la culture de la canne ; 5,262 milliards payables dans un délai de trois ans à compter de l'immatriculation de la société au registre du commerce et du crédit mobilier. Les dépenses effectuées pour l'importation de sucre au Mali ont varié de 8, 5 milliards en 2004 à 15,3 milliards en 2005, pour atteindre 32,8 milliards en 2008. Il convient de rappeler que dans le cadre de la mise en œuvre des activités  du nouveau complexe sucrier du kala Supérieur( N-Sukala-Sa), un accord de financement a été signé le 26 novembre 2008 à Bamako entre le gouvernement du Mali et Export-Import Bank of China. ‘' Le rapport ajoute que la convention d'établissement prévoit un investissement d'environ 74,8 milliards de Fcfa, une capacité de production à plein régime de 103 680 tonnes de sucre, un capital social de 22 milliards. L'Etat malien sera détenteur de 40% de ce capital social et la société étatique chinoise, Cletc, aura 60%. Le rapport de la commission, a souligné que la construction de ce complexe sucrier relève de la volonté de l'Etat de satisfaire les besoins de consommation des populations. Donc, ce sont les députés, cette fois, qui promettent une production de sucre de meilleure qualité qui sera vendu à 345 000 Fcfa la tonne TTC, contre 360.000 Fcfa actuellement. Ils ont encore soutenu que ce projet permettra, entre autres, de couvrir 90% des besoins de la consommation nationale en sucre estimé à 150 000 tonnes par an. En effet, reconnaît la commission, ‘' si la production annuelle de Sukala-Sa est estimée à 103 000 tonnes, il faut rappeler que la production actuelle de Sukala est de 35 000 tonnes. ‘' Autant de promesses de faire sortir les Maliens de futures pénuries de sucre. Or, concernant la hausse des denrées de première nécessité, les Maliens, sont aujourd'hui très circonspects car, ils sont habitués aux promesses sans lendemain. D'autant plus qu'au niveau international, l'actualité indique que certains producteurs de carburants se sont rabattus sur la culture de la canne à sucre pour compenser les besoins énergétiques.
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Publié dans Le Mali

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