Test de vente promotionelle pour le mouton de Tabasky

Publié le par C. Dia


 

0029Sur le terrain « Chaba », les animaux sont divisés en quatre catégories et proposés à des prix étudiés

 

 

 La fête de Tabaski s'approche à grands pas. Et comme chaque année, la course au mouton, l'élément incontournable de cette fête, est enclenchée. Depuis déjà une dizaine de jours, la fièvre du mouton a commencé à gagner la capitale. Parallèlement aux marchés à bétail fixes, des vendeurs ambulants sillonnent les rues de la ville avec des petits groupes d'animaux à vendre.
L'équation que constitue l'acquisition d'un bélier, n'est pas nouvelle pour bon nombre de Bamakois. Mais jusqu'à présent aucun mécanisme n'a permis véritablement de modérer un marché qui s'emballe au moindre prétexte.
A force de chercher, le ministère de l'Elevage et de la Pêche a-t-il finalement trouvé le moyen de tempérer les fièvres du marché du mouton dans la capitale ? On l'espère avec la démarche inédite engagée à travers le Programme d'appui au développement de l'élevage au Sahel occidental (PADESO) de lancer une opération de vente promotionnelle de moutons.
Celle-ci est menée en partenariat avec des sociétés coopératives pastorales, des groupements de femmes, le Centre d'appui nutritionnel et économique aux femmes (CANEF) et la mairie de la Commune IV du district de Bamako.
L'opération de vente promotionnelle a été lancée hier sur le terrain "Chaba" de Lafiabougou. La cérémonie était présidée par ministre de l'Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Bâ, en présence de Seydou Keïta, le 2è adjoint au maire de la Commune IV, et de nombre de responsables des services de l'élevage, dont Mody Kanouté, le directeur du PADESO.
Les initiateurs de l'opération sont partis du constat que les marchés de Bamako se prêtent chaque année à une spéculation effrénée qui gonfle les prix des moutons en les rendant presque inaccessibles aux bourses moyennes. Aussi, à l'approche de chaque fête musulmane (Ramadan et Tabaski), l'acquisition d'un mouton devient un souci majeur pour nombre de Bamakois. Et malgré la disponibilité, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Le département de l'Elevage et le PADESO proposent une solution crédible à ce problème.
L'opération Tabaski vise d'une part, à améliorer les revenus des éleveurs et à développer durablement la filière ; et d'autre part, à influer sur le marché pour stabiliser le prix du mouton, a indiqué le directeur du PADESO.
Pour ce coup d'essai, l'opération sera menée par 9 sociétés coopératives et un groupement de femmes de Sokolo, de Guiré et Dilly, dans le cercle de Nara où intervient le PADESO. La vente portera sur un nombre limité de 1 500 têtes reparties en 4 choix.
La première catégorie de mouton sera vendue dans une fourchette comprise entre 30 000 et 45 000 Fcfa. Le prix du deuxième choix s'échelonne entre 40 000 et 50 000 Fcfa. La troisième catégorie de bêtes sera proposée entre 50 000 et 60 000 Fcfa. Pour ceux qui opteront pour le quatrième choix, ils devront débourser 60 000 ou plus. L'aire de vente est en conséquence compartimentée pour mieux orienter les clients.
A la lumière des enseignements qui seront tirés de cette première expérience, la multiplication de points de vente de ce genre dans le district sera envisagée à l'avenir tout comme l'extension de l'opération à d'autres fêtes religieuses, précise Mody Kanouté. Il s'agit réellement d'une activité gagnant-gagnant, explique-t-il, en mentionnant d'abord l'apport positif pour les agro-éleveurs de la zone d'intervention du Programme d'appui au développement de l'élevage au Sahel occidental.
L'opération aidera aussi les sociétés coopératives à devenir de véritables opérateurs économiques, en sortant de l'élevage de thésaurisation pour aller vers une activité plus rentable, génératrice de revenus et d'emplois. De leur côté, les consommateurs auront accès à des animaux de qualité et à un coût abordable pour eux.
Après avoir procédé à l'ouverture officielle du marché au public, le ministre et les responsables qui l'accompagnaient se sont rendus aux marchés traditionnels à bétail de Lafiabougou-Koda et de Niamakoro, pour prendre la température du cours du mouton.
Mme Diallo Madeleine Bâ a discuté avec des éleveurs de leurs difficultés, notamment l'approvisionnement du marché, la lenteur d'écoulement des animaux et l'entretien des bêtes sur les sites. Le ministre a promis que des réflexions seront menées sur ces facteurs qui influent à la hausse sur le prix de vente des animaux.
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Publié dans Le Mali

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