Rentrée touristique et culturelle à Tombouctou : Un cinglant camouflet pour le Gouvernement français
Il n'est pas exagéré d'affirmer que, depuis le lundi 4 janvier dernier et ce jusqu'à la fin de ce mois, la République du Mali souverain et indépendant s'est transportée sur les dunes ensoleillées de la Cité des 333 saints. Non seulement pour lancer la célébration de l'année du cinquantenaire mais aussi pour prouver, à travers le lancement de la saison, de la quinzaine touristiques et de la rentrée culturelle et artistique. Le tout avec un renfort perceptible des mesures sécuritaires.
Plus d'une centaine de touristes dont la plupart sont de nationalité française viennent de défier le Quai d'Orsay, le ministère français des affaires étrangères et de la Coopération, en se rendant massivement à Tombouctou pour célébrer avec les Tombouctiens, les autorités et les Maliens en général, des événements majeurs: la quinzaine touristique et culturelle de la Citée des 333 saints, le lancement de la saison touristique au Mali, la rentrée culturelle et artistique au Mali.
Quatre ministres de la République, N'Diaye Bah de l'Artisanat et du Tourisme, Mohamed El Moctar de la Culture, Aghatam Ag Alhassane de l'Agriculture, Mme Diarra Mariam Flantiè Diallo de la Comunication et des Nouvelles technologies (qui devrait arriver hier dans l'après-midi ), les présidents d'institutions tel que Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara du Haut Conseil des Collectivités, les députés de la région accompagnés de certains élus d'autres régions du Mali, des diplomates accrédités dans notre pays, de nombreux touristes, une foule nombreuse de visiteurs ont fait le déplacement de la cité mystérieuse.
A travers cette série de manifestations grandioses, le Mali, avec l'adhésion de nombreux ressortissants français et des touristes qui se sont, volontiers, fait coller l'étiquette de "têtus", vient de marquer un grand coup aux yeux de la communauté internatinale. Faut-il rappeler que cette manifestation vient prouver encore une fois que les régions septentrionales du Mali sont et demeurent fréquentables, malgré les bruits des imposteurs néocolonialistes? Comme l'a démontré récemment le député de Seine-Saint-Dénis et maire honoraire de Montreuil, Jean-pierre Brard.
Le choix de la ville de Tombouctou pour toutes ces manifestations, explique le directeur national de l'Action culturelle (DNAC), Kora Dembelé, se justifie. "C'est la ville la plus célèbre du pays. Dans la stratégie de placer le tourisme au centre du développement du pays, le potentiel de la Cité mystérieuse mérite d'être connu afin d'offrir au pays, une destination nouvelle et surtout atypique". La quinzaine touristique et culturelle a eu lieu dans l'après-midi du 4 janvier avec des animations folkloriques ponctuées de conférence-débats dans les quartiers et dans les cercles de Rharous, Diré, Goundam, et Nyafunké. Le lancement de la saison touristique du Mali s'est déroulé dans la matinée d'hier 5 janvier sur le thème "le tourisme saharien" avec des liesses populaires comme si Tombouctou vient d'être libéré. L'après-midi d'hier a été marqué par une conférence-débat sur le thème "Regard sur les plus grands et célèbres faits de Tombouctou".
Nul n'ignore les liens entre la culture et le tourisme. Forts de cette réalité, notre pays a décidé cette année de coupler la rentrée culturelle et le lancement de la saison touristique 2009-2010.
Rappelons que lors de la 2è édition du Salon international du tourisme (Sitour), le gouvernement, à travers le ministère de l'Artisanat et du Tourisme, avait décidé de faire de la promotion de la destination du Nord-Mali, une priorité forte. Cette nécessité s'est renforcée après que la décision des autorités françaises (suivies par la suite d'autres pays occidentaux) de demander à leurs ressortissants de quitter la zone. Région de tourisme par excellence (65 % de l'activité économique), le Nord-Mali subit, de plein fouet, les conséquences de cette décision. Le choix de la ville de Tombouctou pour abriter la rentrée culturelle et lancement de la saison touristique, explique le directeur national de l'Action culturelle (DNAC), Kora Dembelé, se justifie. "C'est la ville la plus célèbre du pays. Dans la stratégie de placer le tourisme au centre du développement du pays, le potentiel de la Cité mystérieuse mérite d'être connu afin d'offrir au pays une destination nouvelle et surtout atypique", a-t-il déclaré
Il faut rappeler que dans un communiqué daté du 27 novembre 2009, le Gouvernement français, au lendemain de "l'enlèvement d'un ressortissant français au nord du Mali et en raison d'une nouvelle aggravation de la menace terroriste dans la région demandait instamment aux Français présents au nord et à l'est du Mali (régions de Kidal, de Gao et de Tombouctou) de quitter immédiatement la zone et de regagner, sans délai ,la capitale, ainsi qu'à ceux qui envisageaient de s'y rendre de renoncer à leur déplacement. Cette recommandation vaut également pour le Niger, au nord d'une ligne reliant Ayorou, Tahoua, Gangara et N'Guimi".
Le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes rappellait alors que "le Sahel dans son ensemble est une zone dangereuse et recommande fortement aux Français résidents ou de passage de respecter les consignes de prudence et de vigilance qui leur sont données, notamment à travers le site «
Conseils aux voyageurs » du Ministère" .« Je m'inscris en faux contre la campagne de désintoxication menée par la France. Les gens circulent normalement et vaquent à leurs activités quotidiennes chez nous », avait martelé Oumar Ibrahim du Haut Conseil des Collectivités. Et de rappeler à qui veut l'entendre une expression du chef de l'Etat au cours d'une de ses apparitions publiques, à savoir que « Le nord Mali n'est pas plus dangereux que certaines banlieues des villes européennes ». Comme pour dire que l'enlèvement de Pierre Camate est un acte isolé qui peut se produire partout. « La réaction de la France est disproportionnée, nous ne devons pas nous laisser faire. Nous devons résister à cet embargo
», relevait de son côté Zeidane Ag Sidalamine, un haut cadre de la région. « Il n'y'a pas une menace permanente d'insécurité au nord, la France doit comprendre que l'insécurité est un phénomène mondial
», dira pour sa part l'honorable Badian Ag Hamatou. Le député de Bourem, Mohamed Assaleck, après avoir condamné le ministère français des affaires étrangères, s'étaitt voulu plus ferme vis-à-vis des islamistes qui utilisent notre territoire en demandant plus de fermeté pour les bouter hors de nos frontières