Le coton malien plus "bio" que son rival indien ...

Publié le par Hawa Diallo

Des traces d’OGM découvertes dans le coton indien. Son principal rival, le coton bio malien, peut souffler. Tant le combat a été rude. Bien que certifié par ECOCERT International, le coton biologique de notre pays a souffert de la concurrence du coton biologique indien.

Autant lever l’équivoque. Le coton biologique malien est le meilleur qui puisse exister. ECOCERT International et FLO-Cert l’ont prouvé en certifiant bio équitable notre coton non conventionnel. Et le label a été délivré sous la « norme ISO65 », méthodologie d’une rare rigueur. Cela, après inspection régulière des organisations de producteurs et de tous les acteurs commerciaux sur le terrain.

Aussi, l’enseigne E.LECLERC, premier distributeur de produits équitables, en France a marqué sa préférence en 2008 pour le coton bio équitable malien. Les Centre E. LECLERC ont ainsi vendu « 120 000 tee-shirts roulés en coton bio équitable malien depuis fin janvier 2008 ».

Pourtant, le coton biologique malien va souffrir de la concurrence indienne. 150 tonnes de coton bio équitable malien ont dû rester à Dakar sans preneur. Et 300 tonnes au Burkina Faso. Profonde souffrance qui a poussé Helvetas/Mali, pionnière et financière historique à revoir sa politique de promotion du coton bio équitable en 2008-2009.

Au même moment, l’Inde se la coule douce. Son coton biologique se vend plutôt bien sur le marché international. Quel est le secret du premier producteur du coton bio équitable ? L’Inde ne vend pas son coton bio équitable, elle le brade. Ce qui équivaut à faire les yeux doux aux éventuels preneurs.

En tout cas, même le militant de l’économie solidaire, E. LECLERC, a fini par succomber aux charmes du coton bio indien. Qui peut en vouloir à E. LECLERC ? A qualité égale, prix insignifiant, qui ne prendrait pas ? E. LECLERC demeure tout de même une entreprise.

Seulement voilà, la vérité a fini par triompher. Des OGM dans le coton bio équitable indien ! Hourra pour le coton bio équitable malien !

On pourrait dire la même chose du coton bio équitable burkinabé. Mais les OGM se sont déjà aventurés au Burkina Faso. Pour combien de temps, le coton bio équitable de notre frère et voisin va-t-il encore résister à l’hydre ? Pour l’heure, le coton bio équitable malien a un avantage comparatif sur celui du Burkina Faso. Il n’a jamais senti l’odeur des OGM et n’en a jamais vu les couleurs. Comble du bonheur, le coton bio équitable malien ne risque même pas de sentir les odeurs nauséabondes des OGM ou d’en apercevoir les couleurs décidément trop sombres.

Pour autant, la vigilance demeure de rigueur.

Déjà, commence l’embarquement sur le terrain de la littérature. Quel est le pourcentage de l’assortiment Organic Cotton concerné par le problème ? Nous allons, affirment d’autres, mener des enquêtes à l’interne. Ah, se leurre cet autre client de l’Inde, nous ne sommes pas concernés ! Enfin, nous allons procéder à d’autres tests ! Est-il question de résidus OGM, de poussières ou de semences génétiquement modifiées ? Il y en a aussi qui ont pu parler de seuil de tolérance.

Evidemment, pour nous autres qui ne comprenons que le langage des faits, toutes ces questions relèvent de la littérature. Et, point n’est besoin de littérature ici.

Soit le coton bio indien contient des OGM. Soit il n’en contient pas. Or, il se trouve justement qu’il en contient. C’est le Financial Times allemand qui le révèle, preuve à l’appui. Le coton bio indien n’est pas exempt d’OGM.

Certes, New Delhi n’a pas manqué de sanctionner le forfait en avril 2009. Mais les OGM sont sans scrupule. C’est-à-dire tout le contraire de l’éthique qui est justement au cœur de l’agriculture et du commerce bio équitables.

Et, justement, c’est en cela que les acteurs de la filière coton bio équitable malien doivent redoubler d’ardeur dans la lutte.

Si la partie malienne peut savourer le fruit de sa patience, elle n’a pas droit à l’erreur. L’erreur, c’est de croire que le coton bio indien est vaincu pour de bon.

L’Inde, pays premier producteur de coton bio est terrassé. Mais ne se laissera pas tuer. L’enjeu est de taille.

A cet égard, le Mouvement Biologique Malien a un éminent rôle à jouer. Et, son rôle, il ne le jouera point en restant dans l’expectative.

Il lui faut passer à l’offensive. Car, là où existent profits illicites et intérêts, la patience et l’expectative ne sauraient avoir droit de cité.

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Publié dans Le Mali

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