Le Mali au FESPACO 2009
C'est le dimanche 1er février 2OO9 soit 24 h après l'ouverture officielle de la 21 e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) que le Mali a fait son entrée en compétition avec la projection de « Fantan Fanga », le seul long-métrage malien en course pour l'Etalon d'or de Yennenga.
« Fantan Fanga » est une coproduction de deux cinéastes du Mali : Adama Drabo et Ladji Diakité, projetée devant des centaines de cinéphiles qui ont pris d'assaut la salle de projection du cinéma Neerwaya situé à Dramdalaye 3, un quartier du centre ville de Ouagadougou.
Genre film policier et dramatique d'une durée de 88 minutes, « Fanta Fanga » relate des enquêtes policières ouvertes suite à l'assassinat d'un albinos dans la mouvance des élections communales, un moment propice aux sacrifices humains.
Soulevant le voile sur la complicité de certains agents de sécurité et marabouts dans cette tragédie visant généralement les couches sociales les plus vulnérable (albinos, pauvres...) les auteurs de « Fantan Fanga » démontrent à travers leur regard de cinéastes certaines réalités qui font l'apanage de la politique en général et du pouvoir en particulier en Afrique.
Au cours d'un entretien qu'il nous a accordé à la fin de la projection, Adama Drabo a expliqué que leur œuvre est la suite logique d'une « trilogie » qu'ils entendent réaliser. En effet après « Taafe Fanga » (Le pouvoir des pagnes) en 1997 et « Fanta Fanga » cette année, le réalisateur ambitionne dans les années à venir de produire un film qui aura très certainement comme titre « Donnya Fanga » (Le pouvoir du savoir). « Les trois films vont faire en sorte que j'exprime mon regard d'artiste sur le pouvoir en Afrique », témoigne M. Drabo.
Espoir
Le résumé des femmes, pauvre et jeunes (à travers le savoir) traduit, selon le réalisateur, la démarche thématique qui se veut aussi pédagogique a prévalu tout au long de la réalisation de ses œuvres. « J'ai été enseignant pendant 11 ans avant de venir au cinéma », révèle notre interlocuteur. Et de préciser que c'est cette même approche qui sera déterminante dans la réalisation de sa trilogie sur le pouvoir en Afrique.
A l'en croire le 7e art, lui donne la possibilité non pas de faire plaisir au premier cinéphile par des films virtuels, mais de partager le quotidien relatif aux réalités des Africains. Toutes choses sont le rôle du cinéaste d'aujourd'hui.
« Fanta Fanga » , qui suscite déjà beaucoup d'espoir dans les rangs des Maliens bénéficie aussi d'un engouement réel à Ouagadougou. Mlle Capucine une journaliste critique d'art trouve que le film « est bien résumé ». Ce qui explique sa conviction que le Mali remportera certainement au moins un prix.
D'autres films du Mali « Aru », un documentaire de Léopold Togo et « Duel à Dafa » de Ladji Diakité entreront respectivement en compétition le mercredi 4 et le vendredi 6 mars 2009.