Article malien et nom de ville - Tombouctou

Publié le par Eric LE BRUSTIEC - Oumar DIAWARA

Suite de l'article paru dans le "Soir de Bamako" du 25 janvier 2008

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La ville des souverains et des explorateurs
            Tombouctou, ou plutôt Tim-Bouctou (“Le puits de la vieille Bouctou”). Malgré sa lointaine origine, la ville est restée, des siècles durant, sans vraiment payer de mine. D’où le mystère qui planait et plane encore sur elle. Tim-Bouctou ne payait pas non plus l’électricité, dont elle n’en a été dotée qu’assez tardivement.
            Créée par les Touaregs (dits Kel Tamashekhs) entre 1100 et 1103, Tim-Bouctou est le port du Sahara vers l’Afrique sahélienne. Après les déclins de Oualata (Mauritanie), de l’empire du Ouagadou et du Ghana, la ville s’est réveillée d’une certaine somnolence économique.
            Grâce au savoir ancestral que la ville a conservé, elle a acquis une notoriété internationale. La preuve : de nos jours encore, c’est à la seule évocation de Tim-Bouctou que certains pays ou habitants de la planète arrivent à situer géographiquement le Mali : c’est tout dire.
            Mais elle garde encore bien de ses mystères qui confinent au mysticisme, d’abord de par la grandeur de ses érudits et ensuite, de par la splendeur du règne de ses grands hommes du passé : entre autres, Soni Ali Ber, Askiya Mohamed, Firhoun, Al Farouk... L’édification du centre “Ahmed Baba“, pour la conservation d’archives et de parchemins, y est aussi pour grand chose...
            Tim-Bouctou témoigne des premier et deuxièmle traités littéraires, rédigés par de grands érudits venus des contrées arabes : le Tarik Es Sudan et le Tarik El Fetach. Tim-Bouctou, c’est la ville qui a vu passer... 154 souverains marocains (les Pachas ), et 97 d’entre eux y ont effectivement régné !
            En 1828, un certain Réné Caillé fut reçu en grande pompe à Ségou, avec tous les honneurs dus à son rang d’explorateur français. Dans ses carnets de voyage, il ralate sa traversée du désert saharien (au sens propre du terme), venant des rivages de l’actuelle Guinée, transitant par le Soudan Français, et faisant escale... à Tim-Bouctou.
            Les explorateurs Allemand et Ecossais, Barth et Mungo Park, avaient juré de suivre le cours du fleuve Niger et de savourer eux aussi le mythe de la vieille Tim-Bouctou. Que cette antique cité de... 907 ans soit aujourd’hui classée Patrimoine Culturel Universel  de l’UNESCO n’étonne donc plus personne. Car, qui ne connaît pas ou n’a pas connu le Mali ou le Soudan Français connaît sûrement Tim-Bouctou.
            Tim-Bouctou, c’est une ville hétéroclite où se sont toujours côtoyés Tamasheks, Toucouleurs, Foutas, Sonrhaïs, Peuls, Marakas, Bambaras... Et la sainteté des 333 de Tim-Bouctou était autrefois si vénérée qu’il était interdit de venir sévir dans la ville.
            Aussi, pour se soustraire à toute poursuite judiciaire, des fuyards et autres criminels allaient s’y réfugier. Mais d’autres sources avancent que dès qu’ils franchissaient les portes de la ville sainte, lesdits malfaiteurs se reconvertissaient automatiquement, comme mus par une force invisible.
 
Qui est Ahmed Baba ?
 
             Certaines sources situent sa naissance au 26 Octobre 1556; mais certains ouvrages la situent bien avant cette date. C’est dire que la naissance de l’érudit suscite encore des controverses.
            En 1591, l’expédition marocaine qui pénétra dans la ville de Tim-Bouctou fut très suprise d’y découvrir cet érudit dont elle n’avait jamais entendu parler auparavant : Ahmed Baba.
            En fait, l’homme était non seulement écrivain, juriste, historien et astronome, mais il était aussi le plus instruit des lettrés en arabe. Mieux, il était le Chef de la résistance contre l’usurpateur marocain. Ahmed Baba ne tarda donc pas à être appréhendé par le Commandant des détachements marocains, le Pacha Djouder.
            Au cours de son “odyssée”, Ahmed Baba avait attérri un 20 Juin à Marrakech (Maroc), après plus de cent jours d’un périple au cours duquel il se fractura une jambe au niveau du fémur.
            En fait, c’est en 1593 qu’il fut déporté au Maroc. Le Sultan marocain de l’époque, El Mansour, qui le connaissait déjà de nom et de renom, se contenta de l’assigner à résidence. Et Ahmed Baba en profita pour dispenser son enseignement aux Marocains.
            Subjugués par ses connaissances, les intellectuels marocains intervinrent pour sa libération. Le Sultan El Mansour lui rendit alors sa liberté, et Ahmed Baba rejoignit Tim-Bouctou le 27 Mars 1607. C’est là qu’il s’éteindra le 22 Avril 1617.
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Publié dans Le Mali

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