Général

Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 12:15
L'Equipe de Planet Equitable au grand complet vous souhaite une excellente fête de Tabaski, que vous exauce et vous bénisse. Excusez nous et recevez nos excuses pour le mal qu el'on aurait pu vous causer.

Par Eric LE BRUSTIEC
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 11:12
Nous avons vu que le Mali reste ( très ) mal classé à l'indice de Développement Humain du PNUD. Cela est dû surtout à son manque de moyens pour se développer harmonieusement. Cependant il est des domaines où le Mali surpasse la France : dans un mode de vie pas encore au dessus de ses moyens écologiques.

L'association Global Footprint Network publie des statistiques permettant de connaitre son empreinte écologique. Outre des tests individuels, l'association publie des statistiques pays par pays qui permettent de voir de qu'au rythme global de cette année, il faut une terre et demi pour absorber notre consommation.

Notre empreinte se calcule en "Hectare Global", espace nécessaire à nous fournir notre nourriture, nos vêtements et absorber nos déchets. Un français a besoin de 5 hectare, alors que un malien se suffit de 2 !

Autre information importante, un malien utilise ( en moyenne ) moins que ce que son pays peut fournir ( biocapacité ) . Alors qu'un français comme on s'en doutait pollue plus que ce que son pays peut absorber ...
Par Eric LE BRUSTIEC
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 11 2009 18:00

ramatadiakite01Ramata Diakité, une des artistes talentueuses du Wassoulou, a tiré sa révérence le vendredi 30 octobre 2009 laissant derrière elle des milliers de fans inconsolables.
Sacrée meilleure artiste féminine de l'année 2006 au Tamani d'or, meilleur clip et meilleure artiste féminine de ce même Tamani en 2003, Ramata Diakité plus connue sous le nom de Ra, n'est plus. L'enfant de Bougouni est décédée le vendredi 30 octobre au Burkina Faso des suites d'une longue maladie.


Née dans une famille où personne ne chante, Ra dès l'âge de 12 ans, se lance dans la chanson. Après des débuts très difficiles, elle fait ses premiers pas dans la troupe de Djénéba Diakité, qui lui demande de participer à l'enregistrement de sa première cassette.
C'est le début de sa carrière musicale, bien que ses parents ne le voient pas du tout d'un bon œil. Choriste, Ramata manifeste des potentialités vocales remarquées et cela lui permet de voyager en France et en Afrique de l'Ouest et d'acquérir une grande expérience des concerts et du milieu musical. Elle est alors sollicitée par de nombreux artistes et arrangeurs pour faire les chœurs, notamment avec Samba Diallo, Yoro Diallo ou Tenin Sidibé...
En décembre 1995, Ramata enregistre sa première cassette et réalise une des meilleures ventes au Mali en 1996. Elle donne de nombreux concerts et participe avec Salif Kéita à une soirée malienne organisée en octobre 1997 à Paris. Elle a fait plusieurs albums dont la plus célèbre est "Na", qui est son second enregistrement réalisé à Bamako.
Dors en paix Ra !

 

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Par Aminata Mariko
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 10 2009 11:56

tikenjah_dadisAu cours d’un point de presse organisé le mercredi 14 octobre 2009, à son domicile Bamakois, Ticken Jah Facoly, célèbre musicien ivoirien du reggae, après avoir condamné les tueries du 28 septembre 2009 à Conakry, s’est dressé contre la politique de deux poids deux mesures des Etats occidentaux en Afrique.


 

La Guinée va mal. Et cela coupe le sommeil à Ticken Jah Facoly. Après l’exemple ivoirien, le reggaeman ne souhaite plus voir un autre pays de l’Afrique de l’ouest sombrer dans une crise qu’on peut éviter. Pour cela, il a pris son bâton de pèlerin pour prôner le dialogue serein entre les différentes parties guinéennes avant qu’il ne soit trop tard. « Il faut poser des actions anticipatives en Guinée pour éviter que ce pays ne connaisse une guerre civile aux conséquences désastreuses », a-t-il déclaré. Après avoir soutenu que sa démarche ne vise pas à soutenir un ou combattre un pouvoir ou une opposition, Ticken Jah Fakoly a indiqué que les leaders d’opinion en Afrique doivent dénoncer un certain nombre de choses, notamment la politique de deux poids deux mesures que les occidentaux appliquent en Afrique au gré de leurs intérêts.

Ensuite, Ticken s’est souvenu qu’il a été parmi les premiers a demander au pouvoir de l’époque en place en Côte d’Ivoire de laisser Alassane Dramane Ouattara allé à la compétition présidentielle. « Mais, à l’époque, j’ai pas été entendu et aujourd’hui, après des milliers de morts et une guerre qui peine à prendre fin, les autorités ivoiriennes sont en passe d’accepter la candidature de Alassane Dramane Ouattara », a-t-il indiqué. Avant de déclarer que la Guinée n’est pas aujourd’hui loin de l’exemple ivoirien. « Il faut éviter que la Guinée ne s’embrase comme cela a été le cas en Côte d’Ivoire », a-t-il souhaité. Selon lui, si rien n’est fait pour une réconciliation en Guinée, il faut craindre que ce pays ne sombre dans une guerre irréparable et dramatique.

Ticken Jah Facoly a indiqué qu’il a été en Guinée à deux reprises depuis l’arrivée de Dadis et du CNDD au pouvoir. Selon lui, sa première visite en Guinée, avait pour objet d’aller soutenir les guinéens dans leur transition. Et surtout de demander au Capitaine Moussa Dadis Camara de s’inspirer du cas du Malien Amadou Toumani Touré et de ne jamais choisir de faire comme feu le général Robert Guei de la Côte d’Ivoire. Ticken Jah Facoly s’est rendu en Guinée pour la deuxième fois dans le cadre de sa tournée africaine placée sous le thème d’ « Un concert une école ».

« Pour moi, si le Capitaine Moussa Dadis Camara réussissait sa transition, la Guinée allait entrer dans une nouvelle ère et son échec allait symboliser le désespoir pour tout un peuple », a-t-il révélé. Mais, Ticken Jah Facoly, comme tous les africains qui ont vu, à un moment donné, en Moussa Dadis Camara, une nouvelle race de dirigeants africains qui sont prêts à dire non aux dirigeants occidentaux, pense que la campagne médiatique initiée par les organes de presse internationaux depuis le 28 septembre 2009, n’a qu’un seul objectif : faire partir celui qu’ils considèrent comme étant contre leurs intérêts en Guinée. Malgré, les nombreuses tueries de Conakry, Ticken Jah Facoly invite les africains, notamment les guinéens à réfléchir sur l’acharnement des occidentaux contre le Capitaine Moussa Dadis Camara.

Refuser la manipulation des occidentaux

Tout en condamnant ce qui s’est passé à Conakry le 28 septembre 2009, Ticken Jah Facoly, avec des exemples à l’appui, pense que Moussa Dadis camara est victime d’une politique de deux poids deux mesures de la part des occidentaux. « Au Togo, aux lendemains des élections qui ont conduit Faure Gnassigbé au pouvoir, les contestations ont fait plus de 400 morts et personne n’a levé le petit doigt en France pour lui demander de quitter le pouvoir. A Madagascar, il y a eu de nombreux morts qui n’ont pas été médiatisés.

Au Soudan, après de nombreux crimes commis au Darfour, les chefs d’Etat africain ont fait bloc pour soutenir le Président soudanais menacé par le tribunal pénal international », a-t-il dénoncé. Avant d’indiquer que les occidentaux ont toujours eu la petite manie pour faire partir les leaders africains qui les empêchent de piller les ressources du continent. Il dira que Samory Touré a été accusé de tous les maux, avant d’être arrêté en 1898, pour mourir en déportation au Gabon, loin de son peuple. De même, il a révélé que Patrice Lumumba a été arrêté et assassiné après une compagne de dénigrement orchestrée de mains de maîtres.

Plus proche de nous, il dira que Thomas Sankara, arrivé avec une politique particulière a été dénigré et assassiné. « Est-ce que la jeunesse africaine doit rester placide pour assister les occidentaux qui les privent de tous leurs leaders qui arrivent avec des propositions concrètes de nature à conduire leur pays vers le développement. L’Afrique doit-t-il perdre tous ses leaders qui sont en contradiction avec les pays occidentaux qui n’aspirent qu’à piller nos richesses », s’est-t-il demandé. Ticken Jah Facoly veut savoir pourquoi les occidentaux qui n’ont jamais bougé le petit doigt pour condamner et chasser du pouvoir les chefs d’Etat africain qui ont fait des exactions contre leur peuple, se dressent subitement contre le Capitaine Moussa Dadis Camara et le CNDD.

« Est-ce parce qu’il a mis en cause les termes d’un certain nombre de contrats de concessions minières et menace de revoir la concession du marché de téléphonie dans l’intérêts de la Guinée », s’est interrogé l’artiste reggae, avant d’inviter la jeunesse africaine et tous les leaders du continent à une profonde réflexion sur le cas guinéen, pour mieux comprendre le drame qui se joue à Conakry. Selon Ticken, la Guinée de Sékou Touré est l’un des pays africains qui n’a pas encore touché à au moins 75% de ses ressources naturelles. « Ni Sékou Touré, encore moins Lassana Conté, n’ont pas touché à cette richesse minière qui fait encore de la Guinée un scandale géologique. Et, cela, dans un monde où les grandes puissances ont soif de ressources, cela attire des convoitises », a-t-il déclaré. Avant d’inviter la jeunesse africaine à se mettre debout comme un seul homme contre le pillage de ses ressources par ceux qui lui ferment leurs frontières.

« Est-ce que, malgré quelques faiblesses du Capitaine Moussa Dadis Camara, on doit oublier ce qu’il a fait en 9 mois, dans le domaine de l’électricité, de l’eau potable et de la lutte contre la drogue en Guinée. Les guinéens doivent laver leur linge sale en famille et refuser de livrer Dadis mains et pieds liés aux occidentaux qui n’aspirent qu’à piller les ressources du pays », a-t-il estimé. Après les tueries de Conakry, Ticken pense qu’il fallait rapidement mettre sur pied une commission internationale d’enquêtes pour situer les responsabilités, arrêter les auteurs et les juger.

Mais, il est surpris que les européens qui nous ont habitué aux enquêtes qui n’ont jamais donner les résultats escomptés ailleurs, se précipitent pour désigner de coupables en Guinée, sans le minimum de précaution. Il pense qu’il est aussi injuste de laisser le général mauritanien légitimer son pouvoir par des élections controversées et d’encourager Tandia à tripatouiller la constitution du Niger pour se maintenir au pouvoir et à vouloir s’opposer à une candidature du Capitaine Dadis en Guinée. « Nous devons refuser la manipulation des occidentaux », a-t-il conclu.

Par Assane Koné
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 09 2009 11:27
Même si pour le moment il n y a aucune perte en vie humaine dans la ville de Bamako largement arrosée par la pluie ces dernières semaines, elle est frappée par les inondations, causant d'énormes dégâts matériels, et l'accès difficile à certains services administratifs et privés. Beaucoup de cours de maison ont fait le plein d'eau, et des véhicules noyés dans des caniveaux. Ces derniers jours, la pluviométrie a enregistré plus d'eau qu'au cours du mois écoulé.

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La pluviométrie a enregistré le 3 septembre dernier à Bamako 78 millimètres et plus de 200 mm sont tombées dans la région de Koulikoro. Mais la retenue d'eau dù au manque de caniveaux pour son passage libre joue une grande partition dans ces inondations. Nul n'ignore les conséquences du stockage d'eau. Au niveau de la Radio Klédu, comme à l'accoutumée impossible aux travailleurs de mettre pied à terre dans la cour, surtout que cette station est situé à quelques mètres du fleuve Niger. Le conducteur d'auto ou de moto doit stopper au seuil de la porte principale d'entrée. Au niveau des quartiers périphériques ou la plupart des constructions sont en banco, on enregistre chaque jour des maisons qui s'écroulent en longueur de journée.
La prudence doit être de taille quand on sait que l'opération pluie provoquée adopté par le gouvernement malien continue son cours.

S'il n'y a pas eu de mort dans le district, il en a été autrement dans le cercle de Kita lorsque, selon notre confrère l'Indépendant, le directeur du Centre d'animation pédagogique (CAP) de Kita, Yoro Diakité, son chauffeur Yaya Tounkara, deux agents de la Direction nationale de l'Education de base (DNEB), Alpha Diall et Moussa Traoré, une femme et son enfant sont morts noyés aux environs de Sébékoro, sur l'axe routier Bamako- Kita, le samedi 5 septembre, entre 14 et 15 heures. Le drame s'est produit lorsque le chauffeur du véhicule 4x4 à bord duquel ils se trouvaient s'est entêté à vouloir traverser un pont submergé par les eaux singulièrement gonflées par les fortes pluies qui se sont abattues sur la zone au cours du week-end.

Le voisin du Mali, le Burkina Faso tous près a déjà enregistré 3 morts dont un bébé emporté par les flaques d'eau. C'est un barrage contigu à l'hôpital qui a cédé avant de se diriger vers la pédiatrie de l'hôpital en question. Selon l'AFP plus de 248 personnes sont sans abris. Même scénario à Dakar où les sans abris occupent les lieux publics et les écoles en attendant la rentrée scolaire. Le service de la météorologie prévoit encore d'autres inondations dans les semaines à venir. Tout en espérant la clémence du ciel la population continue de faire les frais.
Par A. Mariko
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 09 2009 11:04
J'essaie de ne pas aborder de sujet un peu politique sur ce blog mais je n'ai pu résister à la tentation de mettre en ligne cette chronique de Stéphane Guillon toujours aussi acerbe mais juste ...


Par Eric LE BRUSTIEC
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 09 2009 13:29
le mois d'août 2009 a encore été un mois de record de gfréquentation sur blog avec 433 visites uniques et 764 pages .
Merci encore de venir nous voir, et inscrivez vous sur le coté de cet article ( NEWSLETTER ) pour être averti par mail lors de la parution d'un nouvel article sur le blog !
Merci à vous !
Par Eric LE BRUSTIEC
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Dimanche 30 août 2009 7 30 08 2009 22:25
« Allo, Monsieur le Président, je vous informe que l'aide internationale à votre pays cessera dans cinq ans. » Ce coup de téléphone imaginaire, c'est celui que recommande aux gouvernements et aux organismes pourvoyeurs d'aide à l'Afrique, l'économiste zambienne Dambisa Moyo, nouvelle coqueluche de certains milieux internationaux.Son livre, « L'Aide fatale » (JC Lattès), sort en France, où il ne manquera pas de susciter un débat.

Cette jeune femme parle avec une certaine autorité : diplômée d'Harvard et d'Oxford, elle a travaillé à la Banque mondiale puis à la banque d'affaires Goldman Sachs. Mais surtout, elle incarne pour la première fois une voix africaine dans un débat largement monopolisé, depuis quatre décennies, par les hommes politiques, chercheurs et… pop stars du monde occidental.

Dambisa Moyo, classée par le magazine Time parmi les cent personnes les plus influentes de 2009, a désormais un assez large « fan club » qui va du « neocon » américain Paul Wolfowitz, ancien homme-clé de l'équipe Bush passé à la présidence de la Banque mondiale qu'il a dû quitter sur un scandale, à l'historien britannique Niall Ferguson, qui signe la préface enthousiaste du livre et termine par cette phrase :

« Que l'on nous donne plus de Moyo, et moins de Bono [le chanteur irlandais du groupe U2 qui fait campagne en faveur de l'aide à l'Afrique]. »

Le livre de Dambisa Moyo se compose de deux parties : la première est un exposé implacable de ce qu'elle considère comme l'échec absolu de la stratégie d'aide à l'Afrique suivie depuis les indépendances des anciennes colonies du continent ; la deuxième, plus controversée, suggère des pistes alternatives qui font la part belle aux forces du marché.

L'échec de l'aide

Le réquisitoire de Moyo contre l'aide internationale est implacable, et, sur la base de ses chiffres, assez convaincant. Selon elle, les quelque 300 milliards de dollars déversés sur l'Afrique sub-saharienne depuis les années 70, soit environ 15% du PNB du continent, c'est-à-dire en proportion quatre fois plus que le plan Marshall qui a permis le redécollage des économies européennes après la deuxième guerre mondiale, n'a fait que générer corruption, pauvreté, inefficcaité, fuite des cerveaux…

« Il est virtuellement impossible en s'appuyant sur l'expérience de l'Afrique de soutenir que l'aide a eu des résultats positifs » (…)

Le résultat de l'aide, c'est une croissance plus lente, une pauvreté plus grande, et l'Afrique à l'écart du progrès économique. (…) L'aide est le problème. »

En cause, les visions paternalistes dans certains cas, idéologiques dans d'autres (l'aide à Mobutu, l'ancien chef d'Etat du Zaïre, aujourd'hui Congo, l'un des hommes plus corrompus de l'histoire de l'Afrique indépendante, pour contrer l'influence soviétique par exemple), ou simplement l'aveuglement de ce qu'elle appelle l'« industrie de l'aide » qui fait vivre des centaines de milliers de personnes à travers le monde. Et surtout, l'absence de perspective de fin de la manne :

« Les gouvernements africains ont été amenés à considérer l'aide comme une source de revenus permanente et sûre : ils n'ont aucune raison de croire que les flux ne vont pas continuer indéfiniment. »

D'où sa proposition d'annoncer solenellement la « réduction graduelle (mais intransigeante) de l'aide systématique » sur une période de cinq ou dix ans, le fameux coup de téléphone aux chefs d'Etat africains pour leur conseiller de s'y préparer…

Quelle alternative à l'aide ?

Dambisa Moyo est assurément moins convaincante dans sa « feuille de route » alternative. Ainsi, sa première proposition intitulée « la solution : le capital », intervient en pleine crise financière, un « timing » malencontreux qui affaiblit son plaidoyer en faveur des émissions d'obligations ou de l'appel aux forces du marché, à l'investissement international classique.

De même, elle émet des positions politiques très peu orthodoxes :

« Dans un monde idéal, ce dont ont besoin les pays pauvres, les pays situés tout au bas de l'échelle, ce n'est pas d'une démocratie avec ses partis multiples, c'est d'un dictateur bienveillant décidé à imposer les réformes nécessaires pour donner une impulsion à l'économie. »

Même si elle ajoute, lucide :

« Trop souvent malheureusement ces pays se retrouvent finalement avec un accroissement de dictature, et une portion congrue de bienveillance… »

Dans la même veine, elle titre un de ses chapitres « les Chinois sont nos amis », rendant hommage au rôle de Pékin sur le continent depuis le début de la décennie, qui finance de nombreux projets d'infrastructure dont l'Afrique avait un urgent besoin mais aussi investit dans les économies africaines, et prédisant que la Chine sera effectivement « la puissance étrangère dominante sur le continent au XXIe siècle » :

« Au cours des derniers soixante ans aucun pays n'a eu, sur la structure politique, économique et sociale de l'Afrique, un impact comparable à celui de la Chine depuis le début du second millénaire » (sic : nous sommes dans le troisième, erreur de traduction ? )

Les critiques des ONG

Les thèses de Dambisa Moyo, on s'en doute, ne sont pas du goût des défenseurs de l'aide à l'Afrique, qui font pression, au contraire, pour que celle-ci soit revue à la hausse. Ils redoutent que son discours ne serve de prétexte aux Etats du G8 qui ne parviennent pas assurer leurs engagements pris dans le cadre du plan de développement du millénaire, et en particulier celui de porter l'aide publique au développement à 0,7% du PIB. On est encore loin du compte.

Sur le site d'Oxfam, l'une des grandes ONG internationales engagées dans l'action de développement, le débat est ouvert. Une militante d'Oxfam originaire du Malawi, Chikondi Mpokosa, exprime sa « déception » à la lecture du livre de l'économiste zambienne :

« Cela me rend triste de lire ce livre et de voir qu'il ajoute aux préjugés en vigueur dans les pays riches. Le livre est faux sur deux points : il est faux de dire que l'aide ne marche pas et il est faux de dire qu'il existe des alternatives viables, surtout en temps de crise économique ».

Ducan Green, chercheur à Oxfam Grande-Bretagne, redoute les effets négatifs de ce livre, tout en reconnaissant que sa propre prise de position en tant que Blanc, membre de cette « industrie de l'aide » dénoncée par Moyo, fragilise sa prise de position. Il reconnait que le livre a touché une corde sensible et a recueilli pas mal de soutiens, notamment ceux de chefs d'Etat africains comme Paul Kagame du Rwanda :

« Le danger est qu'il offre une couverture utile pour les gouvernements des pays riches, à court d'argent en ce moment, pour revenir sur leurs engagements d'aide en disant : “vous voyez, les Africains disent que l'aide ne marche pas, diminuons les budgets”…

Et pour ceux qui ne sont pas d'accord avec sa thèse (et qui, à mon sens, ont pas mal d'élements de leur côté), il leur sera impossible de s'exprimer sans avoir l'air sur la défensive, ou pire d'être intéressés personnellement au débat (y compris cette note de blog).

Comment faire pour que le débat se déroule sur un terrain sensé : les vraies questions étant quels types d'aide marchent et lesquels ne marchent pas ? et comment les réformer ? Le risque est que le travail de Moyo court-circuite ce débat-là. »

Le livre sort ces jours-ci en France, et il ne manquera pas de susciter un débat du même ordre dans l'un des pays les plus concernés par le bilan de quatre décennies d'aide au développement de l'Afrique avec un bilan moins que glorieux. En France aussi, Dambisa Moyo appuie là où ça fait mal.

Par Pierre Haski - Rue89
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Lundi 24 août 2009 1 24 08 2009 18:46

 

ouverture_som220_410793215L'artiste musicien ivoirien Alpha Blondy, star internationale de reggae, fait une irruption fracassante cette semaine, sur le terrain politique national en émettant son avis, sans nul doute partisan, sur l'évolution actuelle de la situation en Côte d'Ivoire.

 

Dans une interview accordée au quotidien gouvernemental Fraternité Matin parue mercredi et dans laquelle il aborde, pèle mêle, différents thèmes parlant des hommes politiques américains, de son rendez-vous manqué d'Alger et surtout de la démocratie et la bonne gouvernance, des élections ivoiriennes à venir et les principaux acteurs de celles-ci, il prend position de façon nette et claire en faveur d'un des candidats, notamment le chef de l'Etat : « Laurent Gbagbo mérite deux mandats » affirme-t-il.

L'artiste justifie sa position en ces termes, sur un fond d'ironie : «Pour moi, il lui faudra deux mandats parce qu'il n'a eu que deux prolongations sans que le match proprement dit ait eu lieu, you know ! » Il poursuit dans sa démonstration pour livrer entièrement le fond de sa pensée: «Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir et n'a jamais eu le temps de commencer à travailler. Entre deux coups d'Etat manqués, il n'a pas eu les mains libres pour commencer son programme de société. Il a passé son temps à colmater les brèches de ses prédécesseurs. Je voudrais donc qu'on lui donne sa chance. Une chance véritable pour que le peuple puisse le juger sur ses actes à la fin de son mandat... ».

Du défunt chef de la junte militaire le Général Robert Gueï à qui il a accordé quelques lignes en évoquant le passé tumultueux de la démocratie ivoirienne, il dit : «Souvenez-vous, sur les radios étrangères, j'avais prévenu Gueï qu'il serait trahi. J'ai même dit à son fils Franck Gueï de dire à son "vieux" de ne pas se présenter aux élections... »

« S'agissant de M. Bédié, poursuit Alpha Blondy, lorsque le concept de "l'Ivoirité" a éclaté à notre figure, j'ai attiré son attention sur la situation explosive que cela pourrait déclencher. Il avait 120 conseillers et personne n'a pu lui dire attention, ce concept de l'ivoirité que vous considérez comme une revolution culturelle, est une bombe à fragmentation... ».

Alpha Blondy n'aura absolument rien dit cependant, dans cette interview, de l'autre homme politique ivoirien, Alassane Ouattara, à qui une interview précédente avait été consacrée. L'artiste a choisi de conclure son entretien par un appel franc en faveur du chef de l'Etat à l'occasion des prochaines élections : «J'appelle les Ivoiriens à voter massivement le candidat Laurent Gbagbo qui, même s'il a combattu Houphouët Boigny, ne l'a pas fait avec les armes... » dit-il ouvertement.

Mais quelle est donc la raison profonde qui justifie véritablement le soutien inconditionnel d'Alpha Blondy au chef de l'Etat ivoirien ? Cette raison est évoquée plus loin. Elle est plus ou moins subjective : « Durant ma mission onusienne, M. Laurent Gbagbo a pris le temps d'écouter un marginal comme moi. Deux heures durant. J'ai un grand respect pour les gens humbles. Il est venu me voir lorsque j'ai perdu mon ami Pinto... bref, Laurent Gbagbo a conjugué un certain respect vis-à-vis de ma modeste personne et je voudrais être à hauteur de ce respect, you know !» rajoute-t-il.

Une prise de position qui ne manquera certainement pas de susciter de vives réactions à l'endroit de l'artiste.

Par Topvisage
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Mardi 18 août 2009 2 18 08 2009 21:24
Par Eric LE BRUSTIEC
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