Près de 900 nouveaux policiers viennent d'achever leur formation. Une aubaine au regard des gros
besoins d'effectif
L'effectif de la Police nationale s'étoffe nettement. Une nouvelle vague de 890 policiers vient
d'achever sa formation. Il s'agit des 11è, 16è et 12è promotions du contingent 2007-2008 de l'École nationale de police (ENP).
La cérémonie de sortie de ces promotions s'est déroulée hier sous la présidence du chef de l'Etat, Amadou Toumani Touré.
Les trois promotions porteront respectivement les noms du colonel Sambou Soumaré, du contrôleur général de police Lassine Diarra et de l'adjudant-chef de police Moussa Diakité. La cérémonie de
sortie qui s'est déroulée dans la cour de l'École nationale de police, a enregistré la présence de plusieurs autres personnalités : le Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement,
dont le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Sadio Gassama, et son homologue de la Défense et des Anciens combattants, Natié Pléah. Le président du Haut
conseil des collectivités territoriales (HCCT), Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara et le médiateur de la République, Me M'Bam Diarra, étaient présents.
La cérémonie d'hier consacre le couronnement d'environ 6 ans de formation théorique et pratique sur les différentes modes d'intervention des nouveaux policiers. Au total, ce sont 890 élèves
policiers qui entrent ainsi de plain-pied dans leurs corps respectifs : 82 élèves commissaires (dont 16 femmes), 102 élèves inspecteurs (dont 12 femmes) et 684 élèves sous-officiers (dont 115
femmes).
C'est à 10 heures précises que le président de la République, Amadou Toumani Touré, fit son entrée dans la cour de l'Ecole nationale de police. Revue des troupes, salut des corps constitués,
installation dans la loge officielle.
Dans son intervention, le directeur de la formation, le contrôleur général de police N'Tio Coulibaly, a félicité les jeunes stagiaires pour leur engagement et leur détermination à servir la
nation. Les nouveaux policiers, a-t-il expliqué, ont été recrutés soit par voie de concours direct, soit à titre professionnel. Ainsi pour les élèves commissaires, sur les 82 admis, 59 ont été
recrutés par voie de concours direct dans différentes spécialités : 8 en droit privé, un en droit public et autant en psychologie, en sociologie, en management et en télécommunication. Deux
autres sont spécialistes en informatique tandis que 65 sont généralistes. Les 23 autres qui sont des professionnels ont été admis sur titre parce que détenteur de maîtrise.
Sur les 103 élèves inspecteurs, 5 sont des professionnels détenteurs d'un diplôme d'études universitaires et un autre a été admis à titre exceptionnel. Les 87 autres l'ont été par voie de
concours direct. Ils se repartissent ainsi : 81 généralistes, un technicien supérieur en comptabilité, autant en télécommunication, en santé et en informatique et deux sages-femmes.
Les 684 élèves sous-officiers ont tous été recrutés par voie de concours direct dans diverses spécialités : maintien de l'ordre, secrétariat, santé, comptabilité, télécommunication, froid,
mécanique auto, conduite, photographie et archivage.
Après trois mois de formation basique de l'ENP, les élèves ont accédé à la formation professionnelle en novembre 2003. L'examen de fin de cycle a donné les résultats suivants : chez les élèves
commissaires, sur les 82 recrutés, tous ont été admis, soit 100%. Sur les 103 élèves inspecteurs, 101 ont été admis, soit 98,05%. Le taux de réussite des sous-officiers est de 97,87%, c'est à
dire 670 admis sur 684.
Pour N'Tio Coulibaly, ces résultats de l'ENP témoignent de la détermination des responsables de l'école de doter notre pays d'une police nationale efficace, proche du citoyen et capable
d'anticiper les nouvelles formes de criminalité. Le directeur de la formation a appelé les jeunes policiers à servir la nation avec les valeurs que sont la loyauté et l'honnêteté.
Le directeur général de la Police nationale, le contrôleur général Niamé Keita, a remercié le président de la République et le gouvernement pour les efforts consentis ces dernières années en
faveur des forces de sécurité. En effet, depuis quelques années, celles-ci bénéficient de recrutements importants traduisant la volonté des plus hautes autorités de renforcer leurs capacités
opérationnelles pour une meilleure sécurisation de la population.
Niamé Kéïta a expliqué que la diversité des spécialités traduit le souci du département de moderniser la police nationale en vue de maîtriser les nouvelles formes de criminalité. Il s'est par
ailleurs félicité des promotions aux grades supérieurs intervenues en janvier dernier et des promotions et décorations à titre exceptionnel au bénéfice des actions d'éclat.
Le directeur général de la police a également salué les résultats des forces de l'ordre : 5618 opérations de patrouilles effectuées au cours desquelles plus de 11 000 personnes ont été
interpellées, dont 35 repris de justice. 41 personnes ont été déférées devant les tribunaux. La police a saisi 68 boules de cocaïne et 45 boules de chanvre indien, 5 pistolets mitrailleurs, 222
chargeurs de PM, deux fusils mitrailleurs, 1009 cartouches. Une cinquantaine de motos ont été récupérées tandis qu'une dizaine de groupes de bandits armés ont été démantelés. Ces résultats sont
certes flatteurs mais il ne doivent pas faire oublier les défis à relever, a souligné Niamé Keita, avant d'exhorter ses jeunes collègues à s'inspirer des illustres aînés dont les promotions
portent les noms.
Après ces interventions, débuta la remise des galons. Cette séquence débuta par les élèves commissaires suivis des inspecteurs. Tous seront ensuite invités à prêter serment d'accomplir leur
fonction en toute loyauté et au service exclusif de la nation.
Les trois majors de promotion, Seydou Mamadou Doumbia (commissaire), Amadou Mamoutou Dembélé (inspecteur) et Idrissa Youssouf Traoré (sous-officier) ont reçu leurs diplômes des mains du ministre
de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, du directeur général de la police et du président de la République. Amadou Toumani Touré a félicité les responsables et les encadreurs pour
la qualité du travail accompli.
Le chef de l'État a estimé que cette sortie de promotions survenait à point nommé avec le gros besoin d'effectif de policiers pour assurer la sécurité d'une population toujours plus nombreuse.
"Nos villes grandissent et avec elles, l'insécurité. Qu'elle soit routière, individuelle ou multiforme, nous devons forcément avoir à disposition des forces de police bien formées et aptes à
intervenir pour assurer notre sécurité face aux malfrats", a précisé Amadou Toumani Touré, avant de demander aux jeunes policiers de mériter la confiance placée en eux. Il vaut mieux avoir un
habit en lambeaux que d'avoir une réputation déchirée, a indiqué le chef de l'État en référence à un proverbe.
La cérémonie a pris fin par un défilé et une exhibition d'arts martiaux.