Révélée au grand public pour avoir joué le rôle de Sya Yattabaré, dans le film «Sya, le rêve du Python»
de Dany Kouyaté, la talentueuse comédienne Fatoumata Diawara est en passe d'écrire l'une des belles pages de la musique malienne. Comédienne pendant de longues années, danseuse à un moment de sa
vie, Fatoumata Diawara est aujourd'hui une artiste musicienne sollicitée par les grandes scènes du monde. Qui est cette malienne qui fait le bonheur des grandes salles de spectacles en Europe et
quel est son parcours ?
C'est en 1982 que naquit Fatoumata Diawara et après avoir passé une bonne partie de son enfance en Côte d'Ivoire, elle vient à l'âge de 12 ans pour découvrir ses origines au Mali. Mais, avant d'arriver à Bamako, elle avait déjà été piquée par le virus de la culture. Dans une interview publiée chez notre confrère RFI, elle s'est souvenue que son père a joué un rôle important dans son orientation artistique : «Je crois que mon père m'a appris la liberté de créer. Quand j'avais cinq ou six ans, il me laissait inventer des pas de danse et toute sa troupe les reprenait. On allait par exemple accueillir le président Houphouët-Boigny à l'aéroport... Je dansais parfois dix heures par jour ! A un moment, mon père s'est rendu compte que la danse avait pris le pas sur tout le reste. Il a décidé de m'éloigner d'Abidjan». C'est ainsi qu'elle se retrouve chez une tante comédienne à Bamako. A la faveur d'un tournage, elle accompagne sa tante et se fait repérer à 14 ans. Si ses études prennent un coup, néanmoins s'ouvrait devant elle l'école de la vie. Si déjà à 14 ans, les témoignages s'accordent à lui reconnaître un véritable talent de comédienne, il lui a fallu attendre la fin des années 1990, pour avoir la véritable occasion de prouver ce qu'elle avait dans le ventre sur un plateau de cinéma. Pour la réalisation de son célèbre film intitulé «Genèse» et sortie en salle le 8 décembre 1999, le réalisateur Cheick Oumar Sissoko va faire appel à cette jeune comédienne et lui donner l'opportunité de jouer aux côtés des légendes comme feu Balla Moussa Kéïta, Salif Kéïta le Domingo de la musique malienne, Habib Dembélé, Maïmouna Hélène Diarra et Fatoumata Coulibaly... Son jeu dans la «Genèse» de Cheick Oumar Sissoko, va convaincre d'autres réalisateurs à faire appel à son talent. En 2002, après un bref passage dans la troupe «Mandeka théâtre», mise en place par Alou Ifra N'Diaye, Habib Dembélé et Sotigui Kouyaté, elle va tenir l'un des rôles les plus importants dans «Sya, le rêve du python» du réalisateur Burkinabé Dany Kouyaté, qui lui donne l'occasion de se révéler au monde en jouant avec un professionnalisme exceptionnel le rôle de Sya. Et comme, il n'y a jamais deux sans trois, en 2008, on la retrouve dans le film intitulé «Il va pleuvoir sur Conakry» du réalisateur Cheick Fantamady Camara. Mais, il faut rappeler qu'en 2002, au moment où la troupe «Mandeka théâtre» était entrée dans une zone de turbulence, elle sera recrutée par le «Royal Deluxe», l'une des plus grosses compagnies de théâtre de rue au monde. Ce fut le départ d'une période exceptionnelle pour sa carrière de comédienne. Pendant six ans, elle va tourner avec «Royal Deluxe» dans les grands espaces de représentations théâtrales dans le monde. C'est du reste lors d'une de ces tournées que ses collègues vont lui découvrir le talent de chanteuse. Selon elle, le chant a toujours existé dans ce qu'elle faisait, mais, s'était refusée à interpréter les morceaux des autres. «Dans beaucoup de rôles, on m'a demandé de chanter. Le metteur en scène du Royal Deluxe m'a entendue lors d'une répétition. Du coup, il m'a nommé voix de la troupe», a-t-elle expliqué. Loin de ses souvenirs, en 2006, profitant d'une pose dans sa tournée internationale, elle regagne Bamako pour intégrer l'Opéra du Sahel en préparation. Mais, elle n'y fit pas long feu. Résistance et solidarité du groupe qui avait déjà commencé les répétitions depuis des mois avec la petite Djénéba Koné dans le rôle de Bintou Wèrè ou problème de caractère de Fatoumata Diawara ? Tout compte fait, elle n'est pas finalement retenue et regagne sa base à Paris, avec la ferme résolution d'entamer une carrière musicale. Et comme les talents savent se rencontrer, son petit séjour dans l'équipe de l'Opéra du sahel va la faire découvrir par Cheick Tidiane Seck qui ne lui connaissait pas les talents de chanteuse. Ce dernier va l'inviter à venir faire les chœurs sur l'album de Oumou Sangaré. Mieux, elle sera sollicitée par Cheick Tidiane Seck pour participer au projet «Red Earth» de Dee Dee Bridgewater. Ce fut une belle opportunité. Elle a eu le privilège de chanter en duo quatre chansons avec elle sur la scène du Bataclan à Paris lors de ses concerts des 29 et 30 mars 2007 et l'a accompagné dans sa tournée estivale. Le 4 février 2007, avec la compagnie Royal de Luxe, elle aura l'occasion de jouer avec le groupe de rock «Les balayeurs du désert» devant 300 000 personnes à Santiago. De toutes les comédiennes qui souhaitaient jouer dans la comédie musicale Kirikou et Karaba, tirée du film de Michel Ocelot, notre compatriote sera retenue pour interpréter le rôle de Karaba la sorcière. Ainsi, d'octobre à la fin décembre 2007, elle sera présente pour tenir son rôle au Casino de Paris. Elle a aussi participé à la tournée du spectacle en 2008 en France et en Europe. La malienne a désormais le vent en poupe et nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance.