Mardi 26 mai 2009
2
26
/05
/2009
10:11
Depuis le 04 Mai dernier, le monde judiciaire effectue une grève illimitée pour le mépris et l'inexécution par le gouvernement, des engagements conclus. Le Syndicat libre de la Magistrature SYLIMA
dirigé par Hamèye Founé Mahalmadane, observe cette grève avec le SYNAG Syndicat Autonome des greffiers et secrétaires des greffes et parquet et joint plus tard (le 13 mai) par le Syndicat Autonome
de la Magistrature conduit par Fodié Touré. Cela engendrant du coup une paralysie totale et plusieurs désagréments du cotés des justiciables et du pays surtout en cette période de contentieux
électoral. Ces différents syndicats avaient au préalable observé une grève de 72 h le 19 mars dernier. Le motif de leurs revendications en 15 points est la signature du décret de revalorisation de
l'indemnité de judicature. Pour le rappel des faits, depuis le 13 juin 2007, le Syndicat libre de la Magistrature (SYLIMA) a déposé sur la table du gouvernement, un cahier de doléances contenant 15
points. C'est seulement en décembre 2007 que s'ouvraient des négociations. Courant janvier 2008 le Syndicat Libre de la Magistrature, le Syndicat Autonome des Greffiers et Secrétaires des Greffes
et Parquets et le Secrétariat Général du Ministère de la Justice s'entendaient sur le point de privilégier pour l'année en cours la revalorisation de l'indemnité de judicature pour les magistrats
et celle de l'indemnité spéciale en ce qui concerne les greffiers et secrétaires des greffes et parquets. Ainsi convenaient-ils dans un premier temps d'envisager la mise en œuvre de leur accord
pour compter de juillet 2008. Ainsi après plusieurs reports, les différents syndicats qualifiant les faits de mépris ont entamé une grève illimitée à compter du 04 mai dernier. Le mot d'ordre des
différents acteurs de la justice est de ne pas reprendre le service jusqu'à satisfactions de certaines doléances.
C'est compté du 13 mai que le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) dirigé par Fodié Touré, a suivi cette grève illimitée avant de faire faux bon au SILYMA deux jours plus tard. Consécutive à
une assemblée générale des militants de cette organisation, tenue le vendredi 15 Mai, dans l'enceinte de la Cour Suprême et suite à l'intervention de la présidente de la Cour Suprême, Mme Diallo
Kaïta Kayentao, le Président Touré a décidé, de suspendre son mot d'ordre. Malgré cette reprise les citoyens continue de faire les frais de ce conflit, les longues détentions préventives dans les
commissariats, la non mise en liberté de ceux qui ont purgé leur peine, le blocage des affaires dont les dossiers sont pendant devant la justice. Au cours des enquêtes que nous avons mené, le
constat est que le service minimum n'est pas assuré au niveau des différents tribunaux. La distribution des certificats de nationalité émanant de la signature des présidents de tribunaux est
bloquée. Un contractuel qui a voulu garder l'anonymat se trouve confus quant à leur situation. Son chef observant la grève, inutile pour lui de se présenter à son poste car les dossiers émis ne
passeront pas à la signature. Au cours de notre passage, seulement, les militants du Syndicat autonome étaient présents à leur poste. En attendant une justice plus crédible, indépendante au service
du peuple malien, que cherchent les syndicalistes, tous les services judiciaires sont actuellement paralysés. Pour l'instant, ayant la certitude que le pays ne peut pas fonctionner sans justice,
les grévistes se montrent plus déterminés à avoir gain de cause au détriment des citoyens et des justiciables.
Par Aminata Mariko
-
Publié dans : Le Mali
0
-
Recommander