Décoré le 19 janvier 2009, par le Président de la République Amadou Toumani Touré au mérite du Chevalier de l'Ordre national,
Mokobé Traoré a présenté le vendredi 11 septembre sa médaille et les différentes récompenses obtenues sur le plan local au ministre de la Culture, Mohamed El Moctar.
La cérémonie s'est déroulée en présence, des parents, amis et certains fans de l'artiste. Selon Mokobé, cette reconnaissance du Chef de l'Etat est très importante
pour lui "je suis très ravi d'être décoré Chevalier de l'Ordre national du Mali. Je dis merci à ATT et à l'ensemble du peuple Malien qui m'a très bien accueilli et soutenu. Je leur dis Aw ni
Ce". Le ministre de la Culture s'est dit très fier de cet artiste "Vous êtes une fierté pour le Mali, je suis fier de vous ainsi que le Mali tout entier. Car vous donnez l'envie à la
jeunesse malienne de la diaspora ainsi que celle vivant au Mali d'être fier de son pays. Je vous promets en tant que ministre de la Culture, que mon département sera toujours à vos côtés pour
vous soutenir dans ce combat" a-t-il ajouté. Après les différentes présentations des récompenses, Mokobé a affirmé qu'il continuera toujours à défendre les couleurs du drapeau du Mali.
Si le son et la musique sont une passion pour Mokobé, l'image et le cinéma n'en sont pas exclus. En 2004, il co-scénarise
et apparaît dans un documentaire sur son crew, la Mafia K'1Fry intitulé "Si tu roules avec la Mafia K'1Fry". En 2005, il est co-auteur avec Djamel Bensalah du film
"Il Etait Une Fois Dans l'Oued".
En 2006, il apparaît comme dans le long métrage "Sheitan" de Kim Chapiron avec Vincent Cassel. Même si le groupe reste soudé, chacun a envie de tenter un bout de
chemin en solo, en parallèle du 113. Mokobé ne fait pas exception et débarque en juin 2007 avec "Mon Afrique".
Un album coloré, au son club et rap principalement. La culture du Mali y est omniprésente aussi bien dans les sons, les images que dans les textes.
L'album contenait beaucoup de featurings, sauf un seul morceau. Et les invités ne sont pas pris au hasard, les amis, la "famille", on peut citer dans le lot :
Youssou Ndour, Salif Kéïta, Diam's, Manu Chao, Booba, Patson du Jamel Comedy Club, Tiken Jah Fakoly, Amadou & Mariam et bien entendu ses potes du 113. Après la sortie de cet
album, c'est le vent en poupe que l'artiste connut, il enchaîna plusieurs spectacles en Europe, aux Etats-Unis, en Afrique voire un peu partout
dans le monde.
Très grand défendeur du drapeau vert, jaune, rouge à travers le monde, Mokobé reste l'une des fiertés et un porte-parole de la jeunesse malienne.
Quatre questions à mokobé traoré
Bamako Hebdo: quels sont les sentiments qui vous ont animé en recevant ces différentes distinctions ?
Mokobé: c'est un ensemble de joie, de bonheur et de reconnaissance envers le Président de la République et tout le peuple Malien. Cette médaille je la dédie à tout le Mali, un pays qui nous
appartient et dont on doit être fier.
On constate que Mokobé est un grand défenseur du drapeau vert, jaune et rouge. Mais quels sont vos projets pour le Mali?
J'ai d'énormes projets pour mon pays. Pour le moment, j'ai une Fondation ''la Fondation Mokobé'' à travers laquelle je vais procéder très bientôt à la remise des fournitures scolaires aux
enfants démunis afin qu'ils aient une bonne éducation. Il faut que tous les enfants puissent avoir accès aux fournitures scolaires. Je rêve aussi à la distribution des médicaments dans plusieurs
hôpitaux du Mali avec l'aide des partenaires.
Même s'il faut organiser les concerts afin de récolter les fonds pour l'achat des médicaments à destiner aux malades
dans les hôpitaux. Après ma décoration, je ne compte pas m'arrêter là. Je contribuerai au développement de mon pays.
Pourquoi avez-vous porté le choix sur l'éducation des enfants?
Mon choix sur l'éducation des enfants est très capital. Car, tous les enfants ont besoin d'une bonne éducation. Il ne peut y avoir de développement sans l'éducation des enfants du pays.
L'éducation, c'est l'avenir. Un enfant sans éducation est un enfant sans repère.
Moi je suis passé par là, même si nous n'avions pas suffisamment de moyens mais mes fournitures scolaires étaient assurées. Imaginons de nos jours il y a des
enfants qui n'ont pas accès à des fournitures scolaires. Pour moi en 2009, il ne devrait pas avoir ces problèmes. Profitant de l'occasion, je salue la Première Dame du Mali pour son initiative en
créant une fondation au profit des enfants ayant besoin de soutiens.
Un mot sur votre fan Club
Le fan club Mokobé est une très grande famille qui m'a retrouvé ici. Il a été mis en place lors de mon spectacle au Stade Modibo Kéïta. C'est un fan club qui me soutient énormément et
vice-versa.
Je suis très content d'avoir ce fan club à mon nom. Je fais un big up au parrain du fan club, Ibrim Doucouré et à la marraine Maï, celle que tout le monde peut
contacter au 76 04 74 44. Et je souhaite qu'il s'agrandisse de plus en plus. Et j'invite aussi tous à venir au fan club car on a un bout de chemin à faire ensemble.
Et Mokobé et 113
Le groupe reste toujours soudé, même si chacun a eu envie de tenter un bout de chemin en solo, en parallèle du 113. Bientôt, il aura le tout dernier album ''113'' sur le marché. Et après ça
inchallah, il aura mon nouvel opus dont la sortie est prévue le 20 septembre 2010 en prélude à la célébration du cinquantenaire du Mali.
Quels conseils pouvez-vous donner à la jeunesse malienne?
Je dis à la jeunesse malienne plus particulièrement celle de la diaspora que rien ne vaut le retour au bercail. De venir pour investir afin de contribuer au développement de notre beau
Mali. Il faut noter que la force d'un pays, c'est sa jeunesse. Il faut que celle-ci soit consciente, ambitieuse et positive.
On peut compter sur un retour définitif de Mokobé au Mali?
Bien sûr, je veux m'installer au Mali mais je veux qu'on m'offre les possibilités de retourner chez moi, faire le transit entre le Mali et la France et aussi de réaliser mes projets. Il y a
beaucoup de spéculations quand je montre ma tête pour l'achat d'un terrain ou d'une maison (rire) . Les gens font gonfler les prix parce que c'est Mokobé. Je dis à ATT, c'est beau de
m'offrir une médaille, mais il faut aussi que la médaille s'accompagne d'un beau terrain.